Le sertissage des cartouches de pistolet

Une question me poursuit depuis des années : quelle est la meilleure méthode de sertis-sage pour mes cartouches de calibre .38 super ? Au sein de la communauté du tir IPSC, j'ai déjà entendu beaucoup d'avis différents à ce propos, et j'ai pu me pencher sur divers cas.

Les opinions allaient du partisan d'un sertissage roulé surdimensionné, pratiquant une entaille dans le projectile, qui permettait selon lui d'économiser quelques dixièmes de grain de poudre, à ceux qui n'accordaient pas d'importance particulière au sertissage. Chacun possède son « avis d'expert » en la matière.

Les facteurs suivants sont importants à mes yeux :

1. Sûreté d'approvisionnement lors du chargement du pistolet

2. Précision (résultat de tir)

3. Uniformité de la résistance à l'extraction (évolution de la pression, vitesse)

Pour garantir la sûreté d'approvisionnement, j'applique les lèvres de la douille très légè-rement contre le projectile. Comme j'utilise une douille cylindrique, il est facile de véri-fier visuellement le sertissage à l'aide d'une équerre de précision ou d'une règle. À titre de contrôle, je désassemble à chaque fois une cartouche et j'examine le projectile : celui-ci ne doit presque pas présenter de traces.

J'ai constaté une perte de précision avec les cartouches serties trop fermement, sur les-quelles les lèvres de la douille entaillent carrément le projectile. J'ai en outre remarqué une diminution de la résistance à l'extraction inopinée du projectile ; il était même par-fois possible de faire tourner le projectile à la main.

À l'occasion de la phase de test de la poudre RS24 durant l'été 2013, j'ai pu assister à différents tests dans les tunnels de tir de Wimmis. La machine à extraire les projectiles, qui permet également de mesurer la résistance à l'extraction, s'est révélée très utile dans ce contexte.

J'ai été étonné de constater que les cartouches à sertissage roulé, c'est-à-dire dont les lèvres de douille entaillent le projectile, présentaient la plus faible résistance à l'extrac-tion. Les cartouches dont les lèvres de douille n'étaient que légèrement appliquées et dont le projectile était tenu par la douille sur toute la longueur du cylindre possédaient la plus grande résistance. Elles présentaient également la vitesse la plus constante.

Un facteur important pour obtenir des cartouches de compétition fiables réside dans l'utilisation systématique du même type de douille. L'épaisseur de la chemise peut varier fortement d'un fabricant à l'autre et influencer ainsi le sertissage. Ma conclusion : plutôt qu'un sertissage appuyé, je privilégie une surface de contact importante entre les lèvres de la douille et le projectile pour parvenir à la fonctionnalité souhaitée.

Sportivement vôtre,
Dominic Meier